Comment est-ce que j’écrivais une histoire personnalisée ? – 4
Quand j’écrivais des histoires pour mes Demoiselles Evanescentes, j’écoutais, je m’inspirais des conversations :
TOUT commençait quand la personne s’approchait de mon stand.
J’observais la façon dont elle REGARDAIT, ce que son langage corporel laissait transparaître, où ses yeux se posaient, quand sa bouche ESQUISSAIT un sourire, …
J’étais toujours émue de voir ce qui touche dans mes créations. Je ne faisais pas de liste mentale, de type « telle personne est comme ça, ou a fait ça ». Je laissais plutôt l’impression globale S’IMPREGNER en moi.
Je ne cherchais pas à trier les informations que je recevais, je les ACCUEILLAIS simplement. Mon cerveau enregistrait beaucoup plus de choses de cette manière.
Venait, ensuite, le moment où le DIALOGUE se créait. Les mots étaient échangés, qu’ils viennent de moi ou de la personne intéressée, peu importe. Je laissais S’EGRENER en moi ses expressions faciales, ses gestes et mouvements du corps…
Et EN MEME TEMPS, mes oreilles recevaient les mots, les sourires, les questions, les réactions, les non-dits, les retours, les envies, les besoins, et plein d’autres choses encore.
Et puis une Demoiselle était choisie. Elle irait dans un nouveau foyer!
« Pour QUI ? », je demandais innocemment.
Et bien souvent les visages s’éclairaient encore plus à cette question.
Que la réponse fut « pour moi », « pour une amie », « pour ma sœur », «pour ma fille », … la discussion qui suivait était toujours très RICHE.
Je ne posais que peu de questions, me contentant de rebondir sur ce qui était dit ou de montrer que j’étais là, que j’ACCUEILLAIS avec plaisir et importance ce qui était dit. Cela permettait de DELIER les langues.
Les histoires étaient déjà entrain de NAITRE …
Et puis, la personne s’en allait physiquement, emportant avec elle, une de mes Demoiselles.
Le temps passait. Régulièrement, j’allais voir où en étaient les mots que la personne m’avait confiés. Et J’ATTENDAIS. Cela mettait parfois du temps avant que je ne puisse les digérer, les incorporer à mes idées.
Le SECRET était donc celui-là. Je ne pouvais écrire l’histoire d’une Demoiselle que lorsque j’avais trouvé le lien avec ma propre histoire…
Au moment de l’écriture, j’écoutais le fil intérieur que je déroulais, qui se déployait et me REVELAIT l’histoire tant attendue.
Et quand l’histoire était prête, je l’imprimais et la reliait à la main, faisant un petit livre unique.

